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Témoignages et expériences

Échanger son studio avec vue, contre un palace, c’est possible !

Le 9 octobre 2016 à 10:04

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Est-ce que quelqu’un va vouloir venir chez moi ?”, est sans doute l’interrogation la plus fréquente des candidats à l’échange de maison. Cette question,  je me la suis posée moi aussi lors de mon premier échange, en 2006. Cette année-là, nous étions invités, mes jumeaux de 5 ans et moi, une semaine en d’août,  chez mes amis Anglais à Sag Harbour, un petit village très chic des  Hamptons sur la côte Est des Etats-unis. Ce n’est pas le genre d’occasion que l’on a tous les jours, ni que l’on peut refuser sans le regretter pendant plusieurs décennies.  Problème d’arithmétique : sachant que les voyageurs auront fait 6000 kilomètres,  qu’ils auront dépensé un tiers du budget des vacances avec le billets d’avion et qu’ils sont d’un naturel curieux, comment passer un mois de vacances  sans se ruiner ?  C’est ainsi que j’ai découvert l’échange de maisons. Sur le site auquel je venais de m’ abonner, les villas américaines étaient magnifiques. Un peu trop peut-être? D’où la fameuse question : qui allait vouloir venir chez moi ?

Certes,  je vivais à l’époque dans un bel appartement d’une centaine de mètres carrés avec de jolie moulures et de très belles cheminées de marbre au coeur de Paris, mais mon home sweet home avait, à mes yeux deux handicaps rédhibitoires pour un Américain : j’habitais au rez-de-chaussée – l’angoisse en terme de sécurité pour un étranger, et qui plus est, sans air conditionné  !  Avais-je des ventilateurs ? Non plus !

Et puis j’ai reçu une réponse – positive ! – de propriétaires de cette incroyable maison à Fort Lauderdale, en Floride. Une magnifique demeure de 300 mètres carrés sur deux étages avec des robinets en or, des lits à baldaquins, une cuisine fabuleuse ouvrant sur une petite piscine donnant elle-même sur un bras de mer avec, excusez du peu, un  petit ponton privé. Dommage, je n’avais pas le permis bateau ! Pour couronner le tout, juste à côté des transats, une maison de poupées grandeur nature crée par la propriétaire herself, styliste de mobilier pour enfants.  Une famille Américaine avec laquelle nous avions par ailleurs échangé nos voitures, sans préciser le modèle ni la marque, ma Mégane Scenic vieillissante contre un van gigantesque avec – c’était très nouveau à l’époque des écran TV à l’arrière.  Ces derniers allaient se révéler très utile quand il fallut partir à 300 kilomètres  sous une pluie battante vers le Nord pour fuir l’ouragan Katrina qui avait commencé sa terrible course, justement à Fort Lauderdale !


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L’échange étant non simultané et les Américains venant d’abord chez moi à Paris, étape de leur grand tour d’Europe,  j’étais, je l’avoue, un peu inquiète à l’idée qu’après coup, ils se disent que notre arrangement était assez inégal… Not at all ! Pas du tout ! La petite famille était complètement sous le charme de mon appartement haussmannien,  du petit marché devant la maison deux fois par semaine, de la boulangerie au pas de la porte.  J’avais pris soin de leur laisser mes bonnes adresses, j’étais venue les chercher à la gare, des petits gestes qu’ils avaient appréciés à leur juste valeur. Ils étaient absolument ravis. Vive la magie de l’échange qui rend les gens généreux d’une manière contagieuse ! J’allais moi aussi faire l’expérience que l’échange n’est pas forcément complètement réciproque pour être satisfaisant pendant ce même été 2006. Dans mon enthousiasme, j’avais, en plus du séjour à Long Island et en Floride, envisagé de combiner un séjour dans le Massachussets, une jolie maison en bois blanc qui ressemblait à celle que j’imaginais dans les romans de John Irving. Le grand jardin ouvert, le porche avec le fauteuil à bascule. absolutely charming !  Le mari était professeur d’université et travaillait sur la question du génocide rwandais ; je l’avais mis en contact avec une amie intime qui, hasard incroyable, avait justement écrit un livre sur le sujet.

Tout était parfait puis d’un seul coup, je me suis rendue compte que mon périple devenait un peu compliqué -et cher – si j’ajoutais les billets pour Boston. Je n’étais pas complètement engagée, j’aurais pu renoncer à l’échange. Mais ca aurait été gâcher les vacances de personnes avec qui j’avais déjà créé un lien. J’ai pensé à ce proverbe indien “Tout ce qu’on ne donne pas, on le perd” et j’ai décidé malgré tout de leur offrir l’hospitalité. À mon retour,  outre  la surprise de trouver des petits cadeaux laissés par mes hôtes, des liens d’amitié s’étaient créés avec mes propres amis. Peut-être irais-je un jour dans le Massachussets ? Cependant même si je n’y vais jamais, ce n’est pas très grave !

C’est toujours surprenant de repousser les frontières de l’égoïsme, celui des autres et le sien, de se sentir de temps à autre un être universel, prêt à partager.

Cette expérience de la générosité qui naît avec l’échange est assez inouïe  ;  je l’ai vécue plusieurs fois et je ne suis pas la seule et pas besoin d’avoir non plus cent mètres carrés à Paris. les exemples sont légion.

Small is beautiful

John et Tudor vivent à Londres. Ce sont de jeunes retraités de l’enseignement, tous deux passionné de théâtre qui vivent entre “the Cut “et” the Young Vic Theater ” et “the old Vic”; ils enchaînent les échanges. Sarah dont le  studio mouchoir de poche très bien agencé peut accueillir deux ou trois personnes au coeur de Manhattan, parcourt elle aussi le monde, Jean-Marc possède lui aussi un studio au coeur du Marais, un des quartiers les plus branchés de Paris – sa résidence secondaire qu’il troque régulièrement contre une maison de campagne ou une villa au bord de la mer.

Bien sûr quand on habite dans une métropole européenne, attractive culturellement, les chances de trouver un échange miraculeux sont décuplées. Vivre à Madrid, Berlin, Stockholm, Prague, Budapest, Cracovie consiste un plus. Vivre à proximité d’un parc d’attraction, comme Virginie,  à deux pas d’Eurodisney, aussi.

Mais vous seriez tout à fait surpris de voir le nombre de personnes qui habitent en lointaine banlieue, et qui font malgré tout des échanges incroyables. C’est le cas de Catherine et de son mari, qui habitent tous deux à Dourdan, une heure de Paris en RER. Ils sont déjà allés à New York, Cape Cod,  Saint Petersbourg, sur le golfe du Mexique. Un étranger qui fait des milliers de kilomètres pour venir en France sera-t-il rebuté par une heure en transport ?  Pas forcément ; il appréciera peut-être au contraire, après avoir arpenté Paris toute la journée  de pouvoir profiter d’un jardin à la fraîche et il faut le dire – mezzo voce, de pouvoir respirer loin des Parisiens !

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Le fait de vivre dans un village de charme peut aussi être un atout de taille qui pour séduire des échangeurs en mal de tranquillité et de déconnexion. Je me souviens avoir séjourné dans un trullo, une petite habitations ronde en pierre sèches à Alberobello dans les Pouilles italiennes dans ce village classé.  C’était un voyage à travers le temps dans ces petites ruelles. J’ai aussi souvent échangé avec un couple qui avait une maison de campagne en Touraine, près de Chenonceaux, dont les cerisiers aigres faisaient le régal des enfants et me rappelaient le jardin de ma grand-mère maternelle.

Mais nul besoin d’être forcément dans le plus beau village de France pour trouver un échange. Ce que nous cherchons tous à travers l’échange c’est le dépaysement, une sorte d’exil et comme dirait Victor Hugo, “tous les coins de la terre se valent”, à partir du moment où l’on a le sentiment d’un ailleurs, qui suspend le temps.

En vivant et entendant ces histoires d’échanges étonnants, je décèle plusieurs ingrédients indispensables à cette alchimie miraculeuse : il faut d’abord et avant tout aimer son lieu de vie et que cela se voie sur les photos. Une personne qui attache de l’importance à la beauté et l’esthétique aura toutes les chances de croiser le chemin d’une personne sensible à ce genre de détails. Personnellement, je suis touchée par la poésie d’un lieu, un beau jardin m’enchantera et le confort passera au second plan.

Size doesn’t matter

Soyez-en convaincu, la taille de votre habitation a finalement peu d’importance. C’est ce qui transparaît de vous, la manière dont vous donnez à voir votre maison, et la façon dont vous la décrivez, dont vous vous présentez, qui suscite l’intérêt ou pas. Une sorte de reconnaissance intuitive.

L’autre clé d’un incroyable échange consiste en effet à se laisser guider par son instinct, à oser rêver :  “Pour la majorité de nos membres, souligne Rita Cuzzupi, responsable de la communication de Homelink France, 2 il ne s’agit pas  de faire des économies sur le voyage, ni de faire un échange marchandise, il y a une vraie quête de sens :  découvrir qu’on peut vivre autrement, de s’ouvrir à la nouveauté, la sérendipité est au coeur de la philosophie de l’échange de maison. Tout est ouvert “

Les sites historiques de l’échange de maison comme Homelink, Intervac ou Trocmaison, qui sont nés d’une idéologie post soixante-huitarde, n’ont pas l’âge de leur création,  mais celui de leurs fondateurs qui attachent une grande importance capitale à l’altruisme, fondateur pour eux : “Quand j’ai besoin de passer  juste trois jours à Londres pour assister à un spectacle avec ma fille, confirme le responsable Europe de Trocmaison, William Heinzer, il m’arrive, s’il est disponible de prêter mon appartement à Hossegor pendant plusieurs semaines. Who cares ! “

Les sites plus récents, sont dans une forme plus dans une forme de réprocité plus immédiate et plus comptable ; ils attribuent avec leur système de point une valeur à votre lieu. GuestToGuest évalue votre bien en “Guest points” selon un certain nombre de critères, comme Love Home Swap, à vous ensuite de fixer pour votre bien cette valeur en fonction des recommandations. Donc à priori l’hôte qui  échange sa maison aura tendance à viser des maisons qui ont la même valeur en nuitées.

Si votre maison vaut 100 points et vous voulez passer une semaine dans un lieu qui en vaut 300, c’est possible, mais il faudra avoir prêté votre maison pendant trois semaines pour  y prétendre.

Mais là encore, c’est parfois l’être humain qui fait la différence. Pas plus tard que cet été, j’ai fait l’expérience d’un échange sur l’île de Wight où sur Love Home Swap pour simplifier notre échange, la propriétaire, Benita, comme moi, avons modifié la valeur de nos nuitées et combiné un séjour en partie d’échange et de points.

Virginie, inconditionnelle de Guest to Guest, qui possède un grand appartement à Lagny sur Marne n’hésite pas elle non plus à oublier le nombre de mètres carrés. Elle n’a pas hésité à échanger  ces cent quarante mètres carrés contre un studio à Carnon en bord de mer. ” Je choisis l’endroit où je veux aller et après on s’arrange sur la question des points. Il se passe des choses tellement plus extraordinaires,  quand on échange”. Lorsqu’elle est allée passer trois jours à Atlanta à l’aide de points, le propriétaire les a invités elle et sa famille au restaurant “comme si on faisait partie de la sienne. Et on s’entendait tellement bien qu’il est resté sur place pendant notre séjour; c’était très chouette !”

Il est encore permis de croire aux contes de fées ! Si vous voulez réaliser des échanges extraordinaires, le meilleur conseil que je puisse vous donner c’est d’être arrangeants, généreux car la générosité appelle la générosité. Ce sont des petits détails, mais un bouquet de fleurs, une bouteille de vin ou de champagne dans le frigo,  quelques réservations pour votre hôte, une voiture qu’on laisse à disposition, un séjour plus long, sont des petits gestes qui changent tout. N’oubliez jamais : Dieu est dans le détail.

Catherine Monroy
http://www.catherinemonroy.com/

 

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Les commentaires récents : 1 réaction

 

TrocMaison, ce sont les autres qui en parlent le mieux - TrocMaison Blog,  le mardi 15 novembre 2016 à 14:10  #  

[…] Qui voudra venir chez moi? Voilà l’une des questions qui revient le plus souvent chez ceux qui hésitent à se lancer dans l’échange de maisons. Camago, le comparateur de référence dans le domaine des échanges de maisons, démontre, par a + b, qu’en matière d’échange de maisons, tout est possible, y compris échanger son studio avec vue contre un palace! […]

 
 

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